Vacances et repos vont-ils toujours de paire ?
En matière économique, on parle du secteur des vacances et des loisirs. Il est donc clairement énoncé que dans notre société sécularisée même les vacances sont un consommable, une marchandise.
Dès lors, à l’instar des salons de l’automobile, de la maison, du mariage et des arts ménagers, le salon des vacances et des loisirs tient une place de choix pour les consommateurs que nous sommes. Un mariage pompeux est-il garant d’un couple heureux ? L’acquisition d’une villa clef sur porte, nous évite-t-elle les avatars de la construction ? De la même façon, les vacances acquises à prix d’or sont-elles toujours source de repos pour l’âme et le corps ?
Tout au long de l’année nous consommons une multitude de produits dont nous sommes le plus souvent, soit franchement contents ou tristement déçu. Pourquoi en serait-il autrement au sujet de nos escapades bourgeoises ? La différence entre un bidon de poudre à lessiver et une pittoresque exploration des îles exotiques se marque bien d’avantage par le prix qui est dans ce cas inversement proportionnel à la durée. C’est en effet celui qui coûte le plus cher qui dure le moins longtemps ! Pourtant, en y regardant de plus près, il est étonnant de constater que notre comportement d’achat se différencie peu face à un article ménager et l’investissement dans une croisière de rêve. Nous achetons et parce que nous avons payé, cela devrait nous satisfaire et combler nos attentes. Force est de constater que bien souvent c’est la déception qui nous attend.
Par conséquent, c’est dans ces termes là que je n’aime pas ce que l’on appel aujourd’hui « Vacances ». Durant toute mon enfance et jusqu’à la fin de mon adolescence je profitais de tous mes congés pour travailler à la ferme. Conduire les tracteurs, nourrir les animaux et assister à la naissance des veaux étaient mon lot quotidien. Nettoyer les étables, nourrir les cochons et ramasser les ballots de paille en plein soleil d’été étaient un dur labeur. Et pourtant, encore aujourd’hui, je me rappel que cela me procurait une grande satisfaction et un grand repos. Pour rien au monde, je n’aurais échangé mes prairies vertes contre une quelconque plage de sable blanc. Ces temps de vacances m’ont appris la valeur du travail et du courage. J’ai découvert la nature et appris à la respecter.
C’est pourquoi, aujourd’hui encore cela m’est resté. Lorsque je prends l’avion pour des destinations lointaines, j’y vais pour travailler, nourrir des enfants, aider les plus pauvres et construire des maisons. Rien n’est à consommer, tout est à donner. Partager le meilleur de soi-même. Cela je vous l’assure me donne un profond repos pour l’âme et le corps.
Je m’accorde avec l’Apôtre Paul qui a dit : « Je vous ai montré de toutes manières que c’est en travaillant ainsi qu’il faut soutenir les faibles et se rappeler les paroles du Seigneur, qui a dit lui-même : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. »